{"id":398,"date":"2021-09-21T14:39:11","date_gmt":"2021-09-21T12:39:11","guid":{"rendered":"http:\/\/lefabuleuxvoyage.fr\/?page_id=398"},"modified":"2021-11-04T20:29:10","modified_gmt":"2021-11-04T19:29:10","slug":"bio","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/lefabuleuxvoyage.fr\/index.php\/bio\/","title":{"rendered":"Auteur"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>ETRE QUELQU&rsquo;UN<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L&rsquo; hypoth\u00e8se du destin<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Je ne donnerai ici aucun signe qui p\u00fbt s&rsquo;apparenter \u00e0 un fl\u00e9chage. J&rsquo;ai plut\u00f4t  tenter de saisir ce qui, dans l&#8217;empreinte demeure constant en m\u00eame temps qu&rsquo;insaisissable.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong> Plus explicitement alors, tenter de dire d&rsquo;o\u00f9 je viens.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce que l&rsquo;on sait&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>LUI: \u00a0\u00bb Je suis n\u00e9 au mois de juin 1958 dans une ville protestante du sud ouest de la France. Je suis entr\u00e9 dans la vie de face et non de profil. Puis j&rsquo;ai poursuivi l&rsquo;exp\u00e9rience. J&rsquo;ai donc pris la mesure de tout ce qui pouvait aller de travers et ne correspondait pas exactement \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e que l&rsquo;on se faisait.<\/p>\n\n\n\n<p>Etrangement, ma vie artistique professionnelle a d\u00e9but\u00e9 par l&rsquo;apprentissage d&rsquo;un art d\u00e9suet: le mime. Je ne voulais plus, \u00e0 cette \u00e9poque d\u00e9j\u00e0, parler.<\/p>\n\n\n\n<p>Mon professeur m&rsquo;avait pr\u00e9venu: il n&rsquo;y a pas plus bavard qu&rsquo;un mime!<\/p>\n\n\n\n<p> L&rsquo;audition dura 15 jours. Puis je fus retenu pour deux ann\u00e9es d&rsquo;\u00e9tude. La premi\u00e8re ann\u00e9e nous \u00e9tudi\u00e2mes les animaux. La deuxi\u00e8me ann\u00e9e le corps humain &#8211; m\u00eame si nous devions prendre des formes animales, allant jusqu&rsquo;\u00e0 y int\u00e9grer des fourrures &#8211; disons des expressions &#8211; avec nos corps. Enfin le cycle d&rsquo;\u00e9tudes se terminait par l&rsquo;\u00e9tude du  personnage. La <em>Com\u00e9dia dell arte<\/em> y t\u00eent une place immense, quasiment un couronnement.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est \u00e0 ce moment l\u00e0 que surgit ma passion pour la danse. Dans la retenue du silence, ponctu\u00e9, phras\u00e9, dans les corps se montrait, apparaissait cette autre dimension de l&rsquo;espace: le temps.<\/p>\n\n\n\n<p>Le studio se trouvait deux \u00e9tages plus bas. Nous avions la chance de travailler dans le th\u00e9\u00e2tre de la <em>Gait\u00e9 lyrique<\/em> avant qu&rsquo;il ne soit promu, install\u00e9 au centre de l&rsquo;agitation parisienne dans l&rsquo;imbroglio digital du monde qui arrivait, doucement r\u00e9f\u00e9renc\u00e9 par l&rsquo;institution. <\/p>\n\n\n\n<p>Gait\u00e9 lyrique&#8230;C&rsquo;est un des plus beaux noms que l&rsquo;on puisse donner \u00e0 un th\u00e9\u00e2tre. <\/p>\n\n\n\n<p>Hormis des exp\u00e9riences d&rsquo;adolescent o\u00f9 je m&rsquo;\u00e9tais approch\u00e9 de la sc\u00e8ne autour des textes de Vaclav Havel, haute figure de la dissidence en-de\u00e7a du Mur,  mis en sc\u00e8ne par des amis ou, quand j&rsquo;exultais de joie, plus tard \u00e0 Paris dans un th\u00e9\u00e2tre de la rue des Francs Bourgeois aujourd&rsquo;hui disparu sur un texte d&rsquo;Aristophane, c&rsquo;\u00e9tait la premi\u00e8re fois que je p\u00e9n\u00e9trais dans un espace noir, avec un tapis de danse, face \u00e0 un miroir, qui  ne cessait de me confirmer &#8211; en dehors de toute conjoncture vraisemblable &#8211; que le pantin levant la patte, la-bas, c&rsquo;\u00e9tait bien moi, semblait en tous cas correspondre et que c&rsquo;\u00e9tait pas mal&#8230; Souvent les destins s&rsquo;annoncent sous la forme d&rsquo;hypoth\u00e8se.<\/p>\n\n\n\n<p>La magie de la danse, c&rsquo;est que les corps sont s\u00e9par\u00e9s. Dans le vestige de cette gait\u00e9, j&rsquo;appris les bases de la danse classique. Pas, positions figures. Je n&rsquo;\u00e9tais pas mauvais, en tous cas passionn\u00e9 par ce monde de rigueur et de discipline. Luisants de sueur, nous remontions aguerris au sixi\u00e8me, par petits groupe retravailler nos figures animales, tel une silhouette porcine, un autre l&rsquo;hippopotame, une girafe, un z\u00e8bre, dont je ne sais par quel moyen, nous esp\u00e9rions les uns et les autres deviner  les rayures, les cous tendus, les ventres ballonn\u00e9s&#8230;Par quel prodige, d\u00e8s lors que l&rsquo;art du mime ignore les bruitages, je l&rsquo;ignore, mais cela \u00e9tait au coeur de nos \u00e9tudes et nous les prenions au s\u00e9rieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, ce que l&rsquo;on nomma le mouvement de la danse contemporaine surgit, comme une conjonction hasardeuse qui nous permis de d\u00e9celer une \u00e9nergie singuli\u00e8re, une mani\u00e8re d&rsquo;\u00eatre. Beaucoup semblaient avoir la rage au corps des aventuriers. On voyait des danseurs qui sortaient du r\u00e9pertoire classique comme si le Punk avait d\u00e9boul\u00e9 sur sc\u00e8ne, affirmant des choses \u00e0 dire, faisant enfin entrer le monde avec un \u00e9nergie folle dans le travail, sur les plateaux. C&rsquo;\u00e9taient des groupes d&rsquo;abord avant de devenir progressivement dans la reconnaissance institutionnelle des Centres chor\u00e9graphiques. Un essor tout autant qu&rsquo;une lessiveuse. Mais, que cela soit dans le pur travail de la forme, tel Cunningham, la reconnaissance aux femmes pionni\u00e8res, Martha Graham, nous \u00e9tions, j&rsquo;y pris une part modeste, parties prenantes d&rsquo;un pr\u00e9sent, d&rsquo;un mouvement.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous osions dire que la question sociale \u00e9tait une question esth\u00e9tique ou l&rsquo;inverse&#8230; j&rsquo;ai oubli\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>A rebours, je trouve que c&rsquo;est une chance d&rsquo;avoir pu participer \u00e0 cette multiplicit\u00e9 d&rsquo;expressions, de formes, d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 port\u00e9, nourri par un mouvement d&rsquo;ensemble, quelqu&rsquo;en furent les orientations, le plus souvent en marge des institutions, dans un travail de laboratoire, progressivement reconnu, suscitant la critique acerbe ou l&rsquo;engouement de quelques uns sur les pav\u00e9s mouill\u00e9s d&rsquo;une all\u00e9e obscure au fin fond d&rsquo;un arrondissement o\u00f9 patiemment nous attendions, avertis, partageant le secret de l&rsquo;inou\u00ef annonc\u00e9 que les portes du studio s&rsquo;ouvrent pour d\u00e9couvrir, \u00eatre emport\u00e9s par la proposition d&rsquo;un ou d&rsquo;une chor\u00e9graphe &#8211; se nommaient t&rsquo;ils seulement ainsi ? -. <\/p>\n\n\n\n<p>Un exercice critique.<\/p>\n\n\n\n<p>Moments joie de travail, de d\u00e9sir, de force et de puissance. Nous nous apparentions sans cesse, un tel surgissait, incroyable, nous courrions \u00e0 la Bastille, dans ce th\u00e9\u00e2tre minuscule, un repaire pour les amoureux, voir les belges qui nous ensorcelaient, mettant \u00e0 bas tous les pr\u00e9ceptes, for\u00e7ant sur nos mines pointilleuses d&rsquo;ex\u00e9g\u00e8tes les premiers sillons du rire, de la joie, du pur bonheur .<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est en tous cas ce que certains rapportent de cette vie pour ce premier moment. Mais une vie est faite de saccades, de pouss\u00e9es, de contradictions perp\u00e9tuelles. C&rsquo;est souvent le cas pour ceux qui doivent apprendre, se faire un chemin sur le tas. Comme tout croyant nous avions nos messes, les premi\u00e8res, les nouveaux cartels du Th\u00e9\u00e2tre de la ville o\u00f9 le directeur, des d\u00e9cennies plus tard exprimant son sentiment du d\u00e9clin eut ces mots d\u00e9finitifs de cl\u00f4ture: <em>\u00a0\u00bb les h\u00e9ros sont fatigu\u00e9s&#8230;\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00a0\u00bb Il d\u00e9cida alors de s&rsquo;\u00e9lancer dans les questions de production, quitta le plateau, les studios. Suivit une formation, f\u00fbt dipl\u00f4m\u00e9, appel\u00e9. Six ann\u00e9es de voyages, de tourn\u00e9e, un \u00e9puisement, une contre-fa\u00e7on. Puis ce f\u00fbt l&rsquo;explosion. Tout perdre, n&rsquo;\u00eatre plus rien, ni pour soi, ni pour les autres hormis quelques camarades qui me regardaient d&rsquo;un air d\u00e9sol\u00e9. Redevenir apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9clat des th\u00e9\u00e2tres, les alpagas de premi\u00e8re, les voyages internationaux o\u00f9 il \u00e9tait de bon ton de citer une ville ou un pays lointain, le Japon par exemple, afin de recueillir les miettes d&rsquo;une apparence.\u00a0\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>Cette p\u00e9riode s&rsquo;acheva par une crise majeure, au cours de laquelle il retourna \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 s&rsquo;enqu\u00e9rir des questions d&rsquo;\u00e9criture num\u00e9rique et l\u00e0 encore obt\u00eent son dipl\u00f4me, cette contre-marque.<\/p>\n\n\n\n<p>Reprendre l&rsquo;hypoth\u00e8se:<\/p>\n\n\n\n<p>LUI: \u00a0\u00bb Le second moment de cette vie, je le situe \u00e0 Marseille, dans le quartier de la Belle de mai. Je m&rsquo;\u00e9tais fait pass\u00e9 pour un danseur en mal de r\u00e9sidence et j&rsquo;avais d\u00e9gott\u00e9, au fond d&rsquo;une all\u00e9e dans un  de ces vieux immeubles marseillais \u00e0 trois \u00e9tages et \u00e0 persiennes un  deux pi\u00e8ces o\u00f9 avait \u00e9t\u00e9 accueilli Edward Bond.<\/p>\n\n\n\n<p>ELLE:  \u00a0\u00bb C&rsquo;est long, c&rsquo;est trop long ta vie, cela devient ennuyeux ! \u00ab\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>LUI: \u00a0\u00bb C&rsquo;est vrai&#8230; Tu as raison&#8230; venons-en au pingouin&#8230;\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>ELLE: \u00a0\u00bb Mais l&rsquo;hypoth\u00e8se du destin, tu en as fait quelque chose? \u00ab\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>LUI: \u00a0\u00bb Je ne sais pas encore&#8230;juste le silence ou si tu pr\u00e9f\u00e8res, cette citation: \u00a0\u00bb I would prefer not to\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>ELLE: \u00a0\u00bb C&rsquo;est un retournement?\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>LUI: \u00a0\u00bb je ne sais pas encore&#8230;\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ETRE QUELQU&rsquo;UN L&rsquo; hypoth\u00e8se du destin Je ne donnerai ici aucun signe qui p\u00fbt s&rsquo;apparenter \u00e0 un fl\u00e9chage. 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