{"id":1000,"date":"2022-01-10T11:11:53","date_gmt":"2022-01-10T10:11:53","guid":{"rendered":"http:\/\/lefabuleuxvoyage.fr\/?p=1000"},"modified":"2022-01-14T10:00:58","modified_gmt":"2022-01-14T09:00:58","slug":"10012022","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lefabuleuxvoyage.fr\/index.php\/2022\/01\/10\/10012022\/","title":{"rendered":"10012022"},"content":{"rendered":"\n<p>Le premier geste: celui de l&rsquo;abandon toujours voisin de la chute.<\/p>\n\n\n\n<p>Pr\u00e9cipiter !<\/p>\n\n\n\n<p>Certains, en retrait, dans les tr\u00e9fonds des grottes nous observent, yeux luisants, pupilles hauban\u00e9es par le ciel o\u00f9 nos ombres se d\u00e9tachent, plus ou moins clam\u00e9es, vaguement nuageuses.<\/p>\n\n\n\n<p>La lenteur v\u00eent, apr\u00e8s coup , comme un ultime rebondissement. C&rsquo;est que les grottes, leurs r\u00e9surgences, sont habit\u00e9es. Apr\u00e8s le premier moment d&rsquo;attente, le scrupule.<\/p>\n\n\n\n<p> Le cin\u00e9ma s&rsquo;est empar\u00e9 de la mythologie des \u00eatres souterrains pour r\u00e9tablir \u00e0 partir de ses obscurit\u00e9s l&rsquo;ordre dans la lumi\u00e8re des villes. On y voit d&rsquo;ailleurs rarement le jour. C&rsquo;est un monde du rampant et de l&rsquo;envol\u00e9e, de la lumi\u00e8re interrogeant le ciel, guettant l&rsquo;apparition dans la turgescence d&rsquo;un faisceau lumineux . Cette r\u00e9clame du ciel, constante, ancr\u00e9e dans l&rsquo;interpellation et la qu\u00eate de justice depuis Mo\u00eese est la semelle compens\u00e9e de celles et ceux qui aimeraient prendre de la hauteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Je les comprends.<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9l\u00e9ments du Rubik&rsquo;s sont l\u00e0 ! Ne reste qu&rsquo;\u00e0 les assembler par la prise de conscience, l&rsquo;ensemencement de ch\u00e2teaux forts. Expression de la prise pour ceux qui d\u00e9tiennent une puissance .<\/p>\n\n\n\n<p>A l&rsquo;oppos\u00e9 revient \u00e0 ma m\u00e9moire, quelques mots de Madame Du Deffand:  \u00a0\u00bb Je n&rsquo;ai pas peur des fant\u00f4mes mais je les crains\u00a0\u00bb . C&rsquo;\u00e9tait alors une cour d&rsquo;apparat, de lumi\u00e8re, de draperies battues chaque matin par des colonnes de femmes, (plus), artisanes du propre qui les frappaient \u00e0 grands gestes mais devant s&rsquo;effacer et presque se dissoudre devant toutes les architectures du secret qui composaient dans les multiples corridors et passages dissimul\u00e9s le corps aimant, d\u00e9sirant, celui qui se rapprochait, se devinait dans un souffle et laissait une bu\u00e9e, que l&rsquo;on pouvait \u00e9treindre, toucher, \u00e0 l&rsquo;oppos\u00e9 de la mise en sc\u00e8ne des corps \u00e0 voir, de passage, spectaculaires, forgeant le pouvoir, rendus d\u00e8s lors inaccessibles sauf \u00e0 justifier de l&rsquo;audience par un mot, un billet dans la file d&rsquo;attente aux huissiers, chambellans et autres cam\u00e9ristes.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s tant de divagations, ce que recouvre le terme fant\u00f4me est un ensemble complexe, souvent bavard, chahut\u00e9 par des apparitions r\u00e9currentes, troubl\u00e9 par un folklore de tables tournantes et d&rsquo;un porteur d&rsquo;au-del\u00e0 en \u00e9quilibre sur le fil, maintenu par ses jarres.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le cristal moderne la transparence fait jeu \u00e0 part. Une absence de seuil en est la marque.  Du vague \u00e0 l&rsquo;\u00e2me pour les plus pr\u00e9serv\u00e9s, de la fatigue pour les autres. La grotte, dans son d\u00e9clin m\u00eame est  l&rsquo;inverse de sa magnificence glorifi\u00e9e de fa\u00e7on si ardente aujourd&rsquo;hui par les communicants du merveilleux, toujours agonisants, toujours ressuscit\u00e9s les lundis matin dans les <em>Brain storming<\/em> comme on disait avant, dans d\u00e9j\u00e0 l&rsquo;ancien monde, \u00e9tonnamment disparu.<\/p>\n\n\n\n<p><em>C&rsquo;est comme s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;avant<\/em> : je me faisais cette trouble r\u00e9flexion \u00e0 propos d&rsquo;une \u00e9g\u00e9rie  t\u00e9l\u00e9-r\u00e9elle, consid\u00e9rant qu&rsquo;elle vivait dans un temps dont la qualit\u00e9 premi\u00e8re, qui la distinguait de tous les temps autres et possibles \u00e9tait celle d&rsquo;une parfaite synchronicit\u00e9, d&rsquo;un temps qui excluait  le rat\u00e9, qui ne supportait pas les corridors et la bu\u00e9e, &#8211; inacceptable sur l&rsquo; \u00e9cran de son smartphone- , l&rsquo;accident, le pass\u00e9, le futur, qui refusait en un mot la conjugaison et le climat si \u00e9trange des imparfaits, subjonctifs et pr\u00e9sents.<\/p>\n\n\n\n<p>Ni seuil, aucun recul, synchrone. Juste la cam\u00e9ra mode selfie.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais pas dupe, incroyablement habile, sachant mieux que quiconque faire croire \u00e0 sa pr\u00e9sence surtout lorsque, alimentant certaines heures le d\u00e9sir par son silence,  pour \u00ab\u00a0souffler\u00a0\u00bb disait-elle, elle revenait sur le mode jaillissant, fantomatique, poudr\u00e9e, r\u00eaveuse, pr\u00eate au shopping.<\/p>\n\n\n\n<p>Un moment assez stendhalien en somme, l&rsquo;apparition d&rsquo;une silhouette objet d&rsquo; une d\u00e9claration amoureuse, d&rsquo;un \u00e9tonnement permanent qu&rsquo;elle exist\u00e2t.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis je porte alors le brassard N\u00b0 14791 et, dans la file de ses followers  j&rsquo;attends un signe d&rsquo;elle !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le premier geste: celui de l&rsquo;abandon toujours voisin de la chute. Pr\u00e9cipiter ! 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